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Pour une société séparée ?

A partir d’une expérience de syndicaliste, l’auteur propose ici une réflexion sur le concept de séparation dans le contexte de la société européenne entre le 19ème et le 21ème siècle. L’intégralité du texte est disponible en format PDF au bas de cette page.

Felipe Van Keirsbilck
Article mis en ligne le 9 août 2011

« El pueblo, unido, jamas sera vencido »
(Prophétie populaire)

« Ne pensez pas que je vienne jeter la paix sur la terre (…)
Je viens diviser l’homme et son père, la fille et sa mère, la bru et sa belle-mère. »
(Prophétie impopulaire - Matthieu, 10, 34-35)

En quoi une expérience de syndicaliste éclaire-t-elle le sens de la séparation dans la société, ou de la société ? Autrement dit : qu’est-ce qu’une société séparée ? Et une société unifiée ?

Cette interrogation résulte du fait que nous vivons une époque où la représentation de nos sociétés comme séparées est fortement remise en question : la société sans classes que Marx appelait de ses vœux, il semble que le libéralisme mondialisé l’ait réalisée. Ce qui laisse présager qu’il y a du sens à chercher derrière d’apparents paradoxes.

Notre réflexion s’appuie sur une expérience, qui s’inscrit dans une histoire.
Raconter une histoire suppose de choisir un début, de délimiter des séquences et d’adopter un point de vue. Dans les pages qui suivent, nous brossons une histoire du capitalisme « industriel », en Europe occidentale, entre le début du 19ème et du 21ème siècle.

Le point de vue à partir duquel nous brossons ce tableau est celui de la représentation des travailleurs salariés. Le mot « représentation » aura son importance dans cette histoire : il s’agira notamment de voir comment les réalités (techniques, économiques) qui se « présentent » sont « représentées » dans l’espace politique et juridique : le jeu du réel et de sa représentation méritera notre attention.

Dans cette histoire, nous identifions trois moments importants : une (double) séparation originelle ; la construction d’une représentation organisée de cette séparation ; et enfin l’empire du consensus qui semble s’instaurer aujourd’hui. Nous nommons ces moments des
« strates » dans la mesure où il nous est apparu que ces trois figures ne se succèdent pas, mais se superposent.

titre documents joints

Publication originale : Christophe Schaeffer (Dir.), « De la séparation », Paris, L’harmattan, 2008.

Les opinions exprimées et les arguments avancés dans cet article demeurent l'entière responsabilité de l'auteur-e et ne reflètent pas nécessairement ceux d'Econosphères.