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Un index dans les rouages du capitalisme

Dans une économie marchande sans contrôle des prix, ceux-ci ont tendance à augmenter de manière globale. C’est le phénomène d’inflation [1]. A la différence des prix, les salaires ne suivent pas de la même manière. Sans lutte ou négociation sociale, ils n’augmentent pas. En Belgique et dans d’autres pays, a été créé un mécanisme permettant l’adaptation automatique des salaires et des revenus [2]. C’est l’index. Celui- ci fait souvent l’objet d’attaques libérales. Examinons la question.

Gérard Craan
Article mis en ligne le 4 juillet 2011

Note de l’auteur : les graphiques utilisés pour cet article ont été construits à partir de chiffres officiels, de Belgique et d’Europe. Un classeur reprend toutes ces données et d’autres, ainsi que leur source, et permet de mieux visualiser les graphiques. Il est téléchargeable sous format « xslx » ou « pdf [Erratum : un tableau du fichier pdf mentionne erronément »salaires minimum". Il s’agit en réalité des salaires moyens] : xlsx ; pdf].

L’index est un mécanisme de protection des revenus. Si les salaires n’augmentent pas quand le prix des biens et services monte, on s’appauvrit. Un vélo dont le prix est de 700€ en 2010 représente 70% d’un salaire de 1000€. Si les prix augmentent de 2%, mais que les salaires ne bougent pas, la bicyclette passera à 714€, soit 71,4% du salaire. 1,4% de différence, on pourrait se dire : « Ce n’est pas grand-chose, » mais cela compte beaucoup plus au bout de quelques années. Si l’on estime que l’inflation sera en moyenne de 2% par an [3], le prix du vélo dépassera le montant du salaire après 20 ans [4].

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C’est pour éviter ces dérives que les organisations syndicales belges se sont battues, pour que le salaire soit adapté en fonction de l’évolution des prix. Et quand on parle d’adaptation, il ne s’agit pas d’augmentation salariale. Il s’agit bien de « coller » au coût de la vie et donc de ne rien perdre.

 Des attaques infondées

Mais ce système d’indexation digne d’un « paradis social-démocrate » est l’objet d’attaques virulentes ces dernières années. Ces attaques viennent soit des milieux patronaux, soit du monde politique, voire encore de hauts fonctionnaires. Deux types d’arguments sont généralement avancés contre l’indexation automatique :

  • L’index est l’exception et doit donc disparaître

Le premier de ces arguments présente l’index comme une exception qui doit disparaître sous peine de voir la compétitivité de la Belgique en souffrir [5]. Les autres pays européens ne pratiquent pas ou plus ce système et les salaires belges deviennent petit à petit trop élevés par rapport aux salaires non-indexés des pays concurrents(Mais pourquoi diable faudrait-il être concurrent ?). C’est oublier que les salaires des pays concurrents évoluent eux aussi, sans index et sans automatisme mais sur fond de lutte syndicales et sociales. Grosso modo, les pays d’Europe de l’Ouest ont une évolution des salaires comparable [6]. Ce n’est pas l’indexation qui fait monter les salaires.
Ainsi le graphique suivant montre l’évolution (en %) des salaires dans différents pays européens. Dans ces pays, l’indexation automatique n’existe pas (sauf au Portugal et au Luxembourg). Bien entendu, les négociations salariales tiennent compte de l’inflation, qu’il y ait indexation automatique ou pas.

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Il est à noter qu’en Belgique, les négociations paritaires nationales patrons-syndicats sont entre autres basées sur l’évolution des salaires dans les pays voisins (Allemagne, France, Grand-Duché, et Pays-Bas) : c’est la loi sur la compétitivité de 1996. Du coup, la pression à la baisse sur les salaires allemands, amorcée par les sociaux-démocrates en 2003, à coups de jobs précaires, fait aussi sentir ses effets en Belgique. L’Allemagne pratique en quelque sorte un dumping avec ses pays voisins [7]. Et compte, depuis 10 ans… 7 millions de pauvres de plus.

  • L’index crée l’inflation

Le deuxième argument consiste à pointer la spirale inflationniste [8] qui serait engendrée par l’indexation des salaires. Or, quand on analyse l’évolution de l’inflation dans les pays européens, la Belgique est dans la moyenne. En fait, le point de vue utilisé pour attaquer l’index est de dire que si les salaires augmentent, les prix vont augmenter aussi. Et d’oublier que c’est en fait l’inverse. Ce sont d’abord les prix qui augmentent et face à cela les salaires sont indexés. Il est vrai qu’un mécanisme de spéculation peut théoriquement se mettre en place : si les salaires sont indexés automatiquement, je peux augmenter mes prix sans scrupules. Le temps que l’indexation ait lieu, j’aurai réalisé une petite marge. A cela, une solution : le contrôle des prix. Qui dit prix surveillés, dit indexation maîtrisée.

Ce graphique montre l’évolution de l’inflation dans divers pays européens. Voit-on une différence significative avec la Belgique ? Pas vraiment, la Belgique occupe une position moyenne.

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 Sauver l’index ? Oui, mais quel index ?

L’indexation des salaires et revenus dont nous bénéficions à présent doit être défendue. C’est une des pierres angulaires du combat syndical. Cependant, il est opportun de regarder un peu en arrière. Le mécanisme a déjà été attaqué et les conséquences ont été extrêmement lourdes pour les travailleurs. Ainsi, on a retardé le moment où les salaires étaient adaptés. Et certains lecteurs connaissent peut-être fort bien ce que l’on appelle l’index santé. Pire : à certaines reprises l’indexation n’a tout simplement pas été appliquée.

Les attaques contre l’indexation des salaires ont donc déjà porté leurs fruits. En réalité, quand votre salaire ou votre allocation de chômage est indexée, ce n’est pas une indexation à 100%. Donc, quand il y a une indexation des salaires parce que les prix ont augmenté, vous savez que votre revenu réel diminue légèrement par rapport au coût de la vie. Pas chouette, hein. L’avantage essentiel réside donc dans l’automaticité de l’index : il ne faut pas se battre pour obtenir cette adaptation des salaires, comme on doit le faire dans d’autres pays.
Mais ces mécanismes, au fait, quels sont-ils ?

  • L’index santé et le panier du ménage [9]

Commençons par la base et les jeux sur le « panier du ménage ». Pour calculer l’évolution des prix, on ne se contente pas d’analyser le prix d’un vélo année après année. On doit normalement examiner tous les prix. C’est évidemment impossible. On choisit donc des produits représentatifs de la consommation des ménages. Cette liste est très détaillée. On ne se contentera pas de l’évolution du prix de la côtelette de porc, mais aussi de l’évolution des prix d’autres viandes. On tient compte des services, des tarifs postaux, du mazout, du logement, des loisirs, du riz mais aussi du riz en sachet, etc. A chacun de ces produits est donnée une importance dans le panier (la pondération) : si le loyer moyen est de 500€ et augmente de 2%, cela a plus d’impact qu’un paquet de spaghettis de 1,5€ acheté une fois par mois qui augmente de 10% (10€ contre 0,15€). La dernière liste complète du panier (2004) est disponible ici. Enfin, ce panier change régulièrement en fonction des habitudes de consommation qui varient dans le temps. Le baladeur cassette était peut-être repris dans la liste des produits durant les années ’80, il ne l’est pas dans la liste actuelle. Le nombre de propriétaires de télévisions joue dans la pondération : tous n’ont pas un téléviseur, il faut également en tenir compte puisqu’ils ne réaliseront pas de dépenses relatives à un poste de télévision.

La composition de ce panier est également fortement influencée par la vision de la société et le rôle de l’index lui-même [10]. Mais il est facile de comprendre que toucher au panier du ménage, c’est toucher à la racine de l’index. Avec des conséquences positives ou négatives.

En 1993, une énième crise économique dans la longue crise économique que nous connaissons depuis les années ’70 amène le Gouvernement à formuler une proposition d’économies sous un vernis officiel de « prévoyance médicale ». L’indice santé est proposé dans le cadre du Plan Global, concocté par un gouvernement socialiste - social-chrétien. L’indice santé entre en vigueur en 1994. Qu’est-ce que cela signifie ? L’indice santé consiste à retirer du panier des produits considérés comme nocifs : alcool (y compris bières et vin), cigarettes et tabac, essence et diesel. A priori rien de très grave. Sauf que… sur tous ces produits, l’état belge perçoit des accises ou des taxes spécifiques (précisément en raison de leur nocivité). Mais chaque fois que ces accises étaient augmentées, elles avaient un impact sur la valeur du panier produits et poussaient, à leur mesure, vers une indexation des salaires. Du coup, la taxe perdait de sa « valeur » par rapport au salaire et l’effet était nul ou à peu près. Retirer ces produits de la liste permet donc des les augmenter librement sans que cela ait un impact sur le panier. Par contre, vous le sentez dans la vie réelle, surtout si vous êtes automobiliste et fumeur. Aujourd’hui, les tentations sont grandes d’encore retirer des produits du panier sous couvert de préoccupations écologiques : c’est l’index vert. Avec l’augmentation très forte du prix de l’essence ces dernières années, la différence entre indice santé et indice « classique » s’est fortement accentuée.

  • L’index lissé et les moments où sont adaptés les salaires

Un autre facteur est lié au moment où les prix augmentent dans la vie réelle et le moment où on adapte les salaires et les allocations. Les prix changent tous les jours. Pour être pragmatique, vous aurez remarqué que lorsque vous faites vos courses au supermarché, il y a très souvent une personne occupée à changer l’étiquetage des produits. Par contre votre salaire est payé chaque fin de mois [11]. En plus de cela, il faut un certain temps pour que le Ministère compétent (le Service Public Fédéral Économie) fasse l’analyse des changements de prix. Tous ces éléments sont techniques et peuvent difficilement être améliorés pour que la hausse des prix soit immédiatement répercutée sur votre salaire. Pour autant, il serait possible d’imaginer une sorte de compensation sur base d’un index très légèrement surévalué et recalculé le mois suivant.

Mais, si l’indice des prix à la consommation est adapté chaque mois, deux systèmes sont utilisés pour ralentir volontairement l’adaptation des salaires. Primo, selon le secteur d’activité de votre travail, le système d’indexation sera différent. Certains rares secteurs connaissent des systèmes très favorables, avec une adaptation mensuelle des salaires. Mais le plus souvent, les salaires sont adaptés soit annuellement soit par bonds de 2% (dès qu’un indice augmente de 2%) [12]. Il faut donc patienter avant d’avoir une fiche de paie qui corresponde un peu plus à la réalité. En attendant, le travailleur est directement victime de la hausse du coût de la vie [13].

Le deuxième aspect est l’indice quadrimestriel ou indice lissé, créé en 1983 déjà. L’argument officiel est que des prix peuvent connaître une augmentation brutale pendant une courte période pour redescendre ensuite. Le prix du mazout de chauffage qui passerait de 20 à 25 centimes le litre en un mois pour retomber à 21 centimes trente jours plus tard. En fait, c’est un énième système pour retarder l’adaptation des salaires. Au lieu de prendre le dernier indice des prix, publié mensuellement, on prend la moyenne des 4 derniers indices. Résultat : les augmentations se font sentir plus lentement. Les baisses se font aussi sentir plus lentement mais celles-ci sont beaucoup plus rares [14]].

Synthèse : Le petit tableau ci-dessous montre la différence mensuelle sur les quinze dernières années entre les deux index pour un montant de 1000€. Les barres en positif (depuis 2004, principalement) indiquent, en euros, le montant perdu chaque mois. Entre début 2005 et fin 2010, la perte cumulée s’élève à plus de 1000€. Pour un montant de 1000€. En résumé, c’est un salaire qui n’a pas été versé au cours de ces 5 dernières années. Pour bien montrer l’impact de l’indice santé, nous avons ajouté une courbe rouge, qui représente l’évolution du prix de l’essence à la pompe. L’essence est reprise dans le calcul de l’indice des prix à la consommation, pas dans l’indice santé. Cette courbe suit très fortement les différences entre les deux indices. On voit donc bien l’impact très fort du retrait de l’essence de la liste des produits de l’indice santé. Et la perte de revenus.

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  • Les sauts d’index : une influence ad vitam

Durant les années ’80, le gouvernement a tenté (et réussi) de faire payer la crise aux pauvres (comme d’habitude). Instaurer l’index lissé n’était pas suffisant. Il fallait également « sauter » l’index. Les sauts d’index [15]. sont simples : au moment qui est choisi pour adapter les salaires [16], on « enlève » un « mois d’indice ». Ainsi, si les salaires sont adaptés chaque trimestre et que l’on fait un saut d’index, on prendra l’inflation de janvier et février mais pas celle de mars. Les salaires seront alors indexés de, par exemple, 1,2% au lieu de 1,3%. A nouveau, cela ne semble pas grave, sauf que… Pour le prochain trimestre, sans saut d’index, on reprendra les salaires d’il y a trois mois, qui ont été indexés incorrectement. Et on répétera cette erreur indéfiniment sauf si les luttes sociales arrivent à exiger que l’on remette les compteurs à zéro. De fifrelin en fifrelin, la perte de salaire augmente de mois en mois. Nos salaires actuels sont basés sur cette filouterie. Depuis trente ans déjà… Nous reprenons plus bas un exemple pour un salaire de 2000€ avec adaptation mensuelle.

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Résumons : un index quadrimestriel, des sauts d’index qui font encore sentir leurs effets, un index santé, un panier du ménage inadapté aux personnes qui ont le plus besoin du système d’index, des petites combines, etc. Toutes ces mesures ont été prises pour réaliser des plans d’économie et faire payer la population sans chercher à redistribuer les revenus. Pour autant, quand la situation économique été plus favorable, on n’est jamais revenu en arrière. Le résultat, c’est une austérité insensible mais constante et qui, au bout de quelques années, diminue les salaires. Pas dans l’absolu, mais dans le relatif : quand il fallait 1000€ pour subvenir à ses besoins, et qu’il en faut à présent 1500 mais que le salaire a été adapté jusqu’à 1450€ seulement, c’est 50€ de diminution salariale. L’austérité est donc déjà là. Depuis de trop nombreuses années.

Publication originale : Gérard Craan, « Un index dans les rouages du capitalisme », Le JIM, 22 juin 2011, disponible à l’adresse : http://www.lejim.info/spip/spip.php?article258#nh15

Notes

[1Voir ici (doc) pour une définition synthétique de l’inflation http://www.lejim.info/spip/spip.php?article258#nb4.

[2Dans cet article, nous parlerons indistinctement de salaire ou de revenus. Plus globalement, l’index sert à adapter les salaires, certains compléments de salaires, certaines allocations (chômage, invalidité, etc.), les loyers, etc.

[3C’est généralement le pourcentage retenu pour les pays européens. L’inflation varie évidemment d’une année à l’autre, mais 2% est conforme aux tendances de moyen terme actuelles. Pour la Belgique, le taux d’inflation annuel moyen entre 1981 et 2010 est de 2,05%. Calcul réalisé sur base de la différence entre l’inflation annuelle de 1981 et celle de 2010, le tout divisé par trente années (en base de l’indice 2004 : (113,69 – 52,14) /30. http://fr.wikipedia.org/wiki/Banque_centrale_europ%C3%A9enne

[4Il ne faut pas oublier que lorsque les prix augmentent suivant la même tendance, la base de calcul sera celle de l’année juste avant, pas l’année de départ. Une inflation de 2% sur 700€ pendant 3 ans ne donne pas 700+14€+14€+14€ mais 700€ + 14€ + (2% de 714€) + (2% de 728,28€). De plus, la prochaine inflation de 2% ne sera pas basée sur 700€ mais sur 714€. Au lieu d’avoir 700€ + 20*14€ après 20 ans, soit 980€ nous avons en réalité 1019,77€.

[5Lire par exemple cet article de Trends Tendances : Vers la fin de l’indexation automatique des salaires ?.http://trends.rnews.be/fr/economie/actualite/entreprises/vers-la-fin-de-l-indexation-automatique-des-salaires/article-1194765447725.htm

[6Même si celle-ci est techniquement impossible à étudier sérieusement : au-delà des salaires, la législation fiscale et sociale joue un grand rôle dans le revenu global de chaque ménage. Sans parler des niches fiscales. Les crises économiques font appel à des jeux techniciens pour augmenter les salaires et la couverture sociale. Ainsi, certaines catégories de travailleurs (les jeunes, les plus anciens, etc.) bénéficieront d’augmentations salariales, pas les autres. Ou bien l’on créera un mécanisme spécial pour exempter les employeurs de travailleurs de nuit de certaines cotisations, etc. Bref, la situation salariale est de plus en plus fragmentée et donc extrêmement difficile à analyser.

[7On pensera notamment aux secteurs lourds que sont l’automobile et la chimie.

[8Lire par exemple ce communiqué de presse de la Fédération des Entreprises de Belgique : "La compétitivité des entreprises est menacée
Il faut tirer les leçons du passé
", le 19 mai 2008.

[9L’expression machiste consacrée est le « panier de la ménagère ». Nous ne la reprenons pas. Le site officiel du Ministère de l’économie reprend l’appellation « panier de produits ».

[10Le panier des produits n’a pas été abordé en tant que tel dans cet article. En résumé, sa composition est neutre. Or, il faudrait que la composition du panier soit plus axée vers la consommation des ménages les plus pauvres. Nous renvoyons à cette étude, publiée par la fédération des CPAS : le panier de la ménagère pauvre. Partie 1 étude quantitative.http://www.uvcw.be/no_index/cpas/panier-etude-quantitative.pdf

[11Ou tous les 15 jours pour certains ouvriers.

[12Avec des variantes sur la période ou sur le pourcentage.

[13Ultime variante, les systèmes all-in, pour « tout compris »). Certains secteurs d’activités ont négocié entre patrons et syndicats une hausse globale maximale. Pour une période donnée (deux ans), une augmentation salariale est négociée mais, elle peut-être rabotée si l’inflation est trop forte. Par exemple, on négociera 1% d’augmentation en prévoyant que l’inflation sera de 4% sur deux ans. L’augmentation maximale sera donc de 5%. Si celle-ci est finalement de 5,7%, l’augmentation salariale ne sera que de 0,3%, pour pouvoir rester dans une enveloppe de 5%. Le système est particulièrement pernicieux parce qu’il confond augmentations et indexations salariales. D’un côté les augmentation sont censées améliorer le mieux-être des travailleurs ; de l’autre, les adaptations permettent de ne pas dégringoler la pente. Selon les cas, si l’inflation est moins forte que prévu, il est soit possible, soit interdit, d’augmenter les salaires jusqu’au maximum prévu : par exemple inflation de 3,6% avec augmentation salariale finale de 1,4%.

[14Voir le tableur mentionné en début d’article, feuille « chiffres bruts indice santé ». Les périodes de déflation sont historiquement très rares comme le montre le tableau complet du SPF Economie. [http://www.lejim.info/spip/spip.php?article258#nh15

[15abus de langage utilise souvent saut d’index pour parler d’une indexation des salaires à moment précis. Alors que c’est tout l’inverse. Même la FGTB s’est trompée magistralement il y a peu, dans la version néerlandophone de son hebdomadaire. Sa une (pdf) du 29 avril 2011 titrait : « En hopla een indexsprong » [et hop, un saut d’index].

[16Différentes formules existent selon les secteurs. La plus connue est une indexation dès que l’indice utilisé augmente de 2%. Mais il existe aussi des systèmes à 0,5%, 1%, etc. On peut aussi indexer les salaires à certaines périodes fixes, tous les mois, chaque trimestre, chaque année. Enfin, des systèmes de double moyenne ont également été instaurés : on prend par exemple l’index quadrimestriel, non pas du dernier mois, mais sa moyenne au cours des deux derniers mois.

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