Cent ans après l’adoption de la loi de 1921 réduisant la semaine de travail à six journées de huit heures, près de trois quarts de siècle après l’adoption de la semaine des cinq jours, nous nous proposons, dans ce numéro, d’interroger l’actualité et le futur de la réduction collective du temps de travail (RCTT).

La première contribution s’inscrit dans une perspective géographique européenne et thématique de genre. Après une présentation analytique de données relatives au temps de travail, les auteurs questionnent la capacité des politiques de réductions du temps de travail à contribuer à l’équilibre entre vie privée et vie professionnelle dans un objectif d’égalité entre les hommes et les femmes.
Dans la plupart des débats autour de la RCTT en Europe, les lois françaises De Robien et Aubry sont évoquées, souvent autant par les partisans que les opposants à l’idée, prolongeant ainsi au-delà des frontières hexagonales le débat sur l’efficacité de celles-ci. La seconde contribution inscrit ce questionnement dans un horizon sociopolitique plus large en évoquant un clivage autour du rapport au temps et au travail et propose des éléments d’évaluation nuancés des 35 heures en termes économiques et sociaux.
La troisième contribution porte sur l’étude réalisée en Région de Bruxelles-Capitale, au cours de la législature précédente, sur une proposition de réduction du temps de travail limitée aux travailleurs peu qualifiés de l’Agence Bruxelles-Propreté et, par extension, de l’ensemble de la région. Les auteurs, qui ont contribué à cette étude, nous en présentent les résultats en termes de coût et d’effets attendus sur l’emploi.
Enfin, la dernière contribution cherche, en s’appuyant sur une analyse fine des positions d’acteurs, d’une part, et des rapports de forces entre ceux-ci, d’autre part, à établir trois scénarios relatifs à l’évolution du temps de travail en Belgique après la crise de la Covid-19. L’article vise en particulier à penser les conditions politiques et sociales d’une RCTT aujourd’hui.
Pour lire cet article dans son intégralité, cliquez ici.
Cet article a paru sur le site de l’
IWEPS, le 8 juillet 2021.
Pour citer cet article, Bernard Conter, « La réduction du temps de travail, une perspective pour le « monde d’après » ? », Éconosphères, août 2021.
Source photo : Jeanne Menjoulet, Temps de travail, Gare du Nord, Flickr.
Sur le même thème
Emploi
02/03/2026 - L’impact financier d’un saut d’index partiel - Olivier Malay
19/11/2025 - Métiers en pénurie : s’il suffisait de former ?! - Bernard Conter ,
Claire Dujardin
10/11/2025 - Où sont passés les « jobs, jobs, jobs » promis ? - Clarisse Van Tichelen,
Louise Lambert,
Nabil Sheikh Hassan
06/05/2024 - Transition juste - Quelle voie verte pour l’emploi ? - Manon Legrand
12/02/2024 - Les entreprises sont aussi des lieux où l’on... - Geneviève Laforêt
12/04/2023 - Delhaize, du côté du vrai capitalisme financier - Henri Houben
02/11/2022 - « Te plains pas c’est pas l’usine ». L’exploitation en milieu associatif ET dans le secteur de la coopération au développement - Anaïs Carton
18/10/2022 - L’exploitation du travail en milieu associatif - Regard féministe - Natalia Hirtz
20/09/2022 - E-dossier : « Te plains pas, c’est pas l’usine. L’exploitation en milieu associatif » - Natalia Hirtz
01/06/2022 - En bathyscaphe dans le capitalisme - Erik Rydberg
Vers les autres articles du même thème...
Flexibilité
02/03/2026 - L’impact financier d’un saut d’index partiel - Olivier Malay
10/11/2025 - Où sont passés les « jobs, jobs, jobs » promis ? - Clarisse Van Tichelen,
Louise Lambert,
Nabil Sheikh Hassan
12/09/2024 - La f(r)acture sociale de la flexibilité - Andrea Della Vecchia
02/05/2023 - Aménagement (sans réduction) du temps de travail - Mario Bucci
08/03/2022 - Faites attention travailleurs des plateformes, la France est présidente du Conseil de l’UE ! - Lora Verheecke
15/12/2020 - Pas de relance au détriment de la santé - Andrea Della Vecchia
13/09/2019 - Figures de la flexibilité : l’impact de nouvelles formes de travail sur la santé des travailleurs - Aline Bingen,
Maria Cecilia Trionfetti
13/09/2019 - Le capitalisme de plateforme se travestit en « économie collaborative » - Jonas Hanin
14/08/2018 - Le revenu universel - Anne Dufresne,
Cédric Leterme
15/06/2018 - JOBS, JOBS, JOBS, oui... Mais lesquels ? - Ceulemans Estelle,
Esteban Martinez,
Maira Michaël,
Marc Zune,
Nabil Sheikh Hassan
Vers les autres articles du même thème...
Temps de travail
10/10/2025 - Heures supplémentaires volontaires : qui gagne, qui perd ? - Clarisse Van Tichelen,
Erik Van Laecke,
Jean-François Libotte ,
Olivier Malay
12/09/2024 - La f(r)acture sociale de la flexibilité - Andrea Della Vecchia
02/05/2023 - Aménagement (sans réduction) du temps de travail - Mario Bucci
18/11/2019 - Cinquante ans de conventions collectives de travail : un édifice qui résiste - Sébastien Robeet
13/09/2019 - Figures de la flexibilité : l’impact de nouvelles formes de travail sur la santé des travailleurs - Aline Bingen,
Maria Cecilia Trionfetti
17/10/2016 - Le travail « maniable » ou la marchandisation du temps - Bruno Bauraind
13/06/2016 - La RTT : fin de l’histoire ou début d’une nouvelle histoire ? - Etienne Lebeau,
Sebastien Robeet
13/06/2016 - Le syndicalisme en (dans la) crise - Adoracion Guaman
18/05/2016 - La réduction du temps de travail : essai d’abécédaire - Erik Rydberg
27/04/2016 - Réduction du temps de travail et chômage : un scénario européen - Michel Husson
Vers les autres articles du même thème... Du même auteur
Métiers en pénurie : s’il suffisait de former ?! - 19/11/2025
L’IWEPS publie aujourd’hui un nouveau numéro de sa collection Décryptage, consacré à une problématique au cœur des politiques d’emploi et de formation : les métiers en pénurie.
Ce N° de Décryptage aux résultats étonnants s’appuie sur les données du Cadastre des Parcours Éducatifs et Post-Éducatifs (CPEPE) pour suivre, sur cinq ans, les trajectoires de près de 7 700 jeunes sortis en 2014 de l’enseignement secondaire qualifiant en Wallonie.
Parmi ces résultats : Contrairement aux attentes, les formations aux (...)
Lire la suite »