Nosfuturs.net à Point Culture, en partenariat avec le Gresea et Éconosphères

Les travailleurs de plateformes telles que Uber ou Deliveroo, représentés par des collectifs et/ou des syndicats agissent à de multiples niveaux : national, européen et international. Face au détricotage du droit du travail imposé par les plateformes hors-la-loi, et devant l’urgence de la bataille sur les statuts d’emploi, ils construisent de nouvelles formes de contestation pour la défense des droits sociaux et pour la création de nouveaux droits numériques.

Présentation : Michel Steyaert, directeur du Centre vidéo de Bruxelles
Intervenants : Anne Dufresne, chercheuse au Gresea et co-auteure de l’étude « Les travailleurs de plateforme. La lutte pour les droits dans l’économie numérique »
Martin Willems, responsable national, United Freelancers, ACV-CSC
Douglas Sepulchre, coursier dans la coopérative molembike et ex-coursier Deliveroo

Où ?
Depuis le salon de Point Culture Bruxelles jusqu’au vôtre - rencontres filmées et streamées en live sur les réseaux sociaux.

Quand ?
Le 1er juin.

Comment ?
Inscription via les events Facebook.

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Comment Uber a écrit La loi en Californie ?
En novembre dernier, les géants du numérique ont dépensé 200 millions dans le lobbying anti-salariat (contre les 20 millions du syndicat des transports américain) pour maintenir les chauffeurs Uber comme faux indépendants, travailleurs sans droit. L’entreprise voyou a ainsi légalisé son modèle économique qui inclut une exploitation extrême des travailleurs. Et ceci, alors même qu’Uber a pour ambition de devenir la seule et unique entreprise de transport au monde.
Dans la perspective d’une loi européenne qui devrait voir le jour début 2022, luttons pour que les chauffeurs Uber et tous les travailleurs de plateforme en Europe conquièrent le droit d’avoir des droits !
Pas de loi Uber en Europe !

Ubérisation
Uber est une multinationale hors-la loi qui s’est implantée dans 700 villes dans le monde depuis 10 ans. Elle n’emploie que 20 000 salariés mais elle exploite 4 millions de travailleurs qu’elle appelle ses « collaborateurs » qui sont sans contrat de travail, sans droits, exerçant comme indépendants. Un chauffeur Uber doit travailler 14h/jour pour gagner à peine le salaire minimum. Il doit acheter sa voiture et ne recoit en échange qu’une application qui le contrôle et capte ses données professionnelles et personnelles.

Déconnexion
Déconnexion fait partie du vocabulaire des travailleurs de plateformes, coursiers ou chauffeurs, soumis aux algorithmes. Ce vocabulaire a perdu les accents du salariat.
On ne parle plus de grève sur un lieu de travail avec le piquet pour bloquer l’entrée devant l’usine, mais bien de déconnexion de l’application.
Quels sont les différents modes possibles de grèves-déconnexions ? Arrêter de travailler juste en se déconnectant ? Accepter des commandes et ne jamais aller les chercher ? Aller chercher les commandes et les manger entre coursiers ? Dans tous les cas, il s’agit bien d’allonger le temps d’attente de la commande ou d’empêcher les commandes des clients pour faire pression.
Faire pression sur l’employeur caché derrière l’algorithme, sur les géants de la Food Tech : Deliveroo, Uber Eats, ou Rappi en Amérique latine. Tous se cachent, refusent d’être des employeurs sur lesquels la grève peut faire pression.
Pourtant, la résistance internationale face à ces casseurs du social est en marche. Des réseaux de travailleurs mobilisés s’organisent et prévoient des plans d’actions et de grèves internationales.
Vive la grève ! Vive la déconnexion !

  • Intervention d’Anne Dufresne : Ubérisation, piège à con !".

Cette rencontre a eu lieu dans le cadre du cabaret-débat "Sortir de l’urgence, réinventer l’avenir », un cabaret désobéissant a permis des rencontres entre chercheurs, artistes et militants détonantes et intéressantes...